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​Président

This song is by Gaël Faye, features Bonga and appears on the album Pili Pili Sur Un Croissant Au Beurre (2013).

Il s’appelle Président
Il tient les rênes du pays depuis 10 à 40 ans
Il est élu à 99%
L’ethnie dont il est issu est qualifiée de pur-sang
Son pays est soi-disant démocratique
Les opposants, les critiques,
C’est soit la mort, soit l’exil politique
Il est en place depuis son putsch, son coup d’état
Lui s’est enrichi mais son pays s’est endetté
Embêtées sont les puissances occidentales
Sponsorisées par sa rente d’hydrocarbures et de métal
Les connivences mafieuses, militaro-financières
Le népotisme, les barbouzes et les mercenaires
« Président à vie » est son mandat
Il quitte le pouvoir par mort naturelle ou assassinat
Quand c’est la paix, les dirigeants dirigent
Quand c ‘est la guerre, c’est la guerre qui dirige


Et quand le père meurt, le peuple pleure
La radio exploite la peur, l’ennemi est à l’intérieur
Les rancœurs et la terreur viennent chasser la paix
Les barrages sont dressés, le voisin devient suspect
On décrète la ville morte et le couvre-feu
Les ambassades se remplissent et tous les blancs fuient
Il y a des rumeurs de pillages, des viols, des pénuries
Les gens ont peur, le peuple voit la paix mourir
Des jours de grèves, des lynchages de plus en plus fréquents
La guerre civile est imminente, info mondiale sur les fréquences
L’ONU s’inquiète, engage des pourparlers
Faut-il agir ? S’abstenir ? Y a-t-il des intérêts ?
Le cessez-le feu est violé par les belligérants
Y’a plus de gérance dans le pays qui part en déshérence
La guerre est là, tout le monde la sent
Encore une fois, ce sera la mort… la mort des innocents…

Ma bien-aimée, j’écris cette lettre avec l’espoir que tu puisses me lire
Les hommes sont bêtes, l’Afrique est belle, fais pas l’erreur de la haïr
Avec toi je voulais vieillir sur ces collines, dans cette maison
Mais l’horizon s’arrête ici, je suis venu chanter mon oraison
Il m’enlève le galbe de tes hanches, le suave de tes lèvres
Sans trêve, « Umugwaneza », lumière de tous mes rêves
Je dois quitter ce port, mon âme quitte son corps
Mais mon amour je resterai toujours à deux encablures de ton cœur
Je vais partir dans les minutes qui suivent
Ma peine est lourde, j’espère que tu recevras cette missive
J’écris ces vers d’espoirs, des fleuves de tourterelles
Des tours de rêves, de brèves trêves de querelles
Il est trop tard les soldats envahissent la parcelle
Ma belle, j’écris des mots d’amours que je parsème
Sur ce cahier, je finis ma vie et ce poème
La guerre m’a pris de court pour te dire : je t’aime

Written by:

Jose Adelino Barcelos De Carvalho "Bonga", Gaël Faye and Guillaume Poncelet